

Corruption à grande échelle, changements climatiques, dette nationale, tarifs douaniers, guerres sans fin... le monde vacille sous le poids de sa propre agitation. Et nous aussi.
Dans son essai Antifragile : les bienfaits du désordre, l’écrivain, philosophe et statisticien libanais Nassim Nicholas Taleb critique notre tendance à vouloir tout contrôler, éliminer le risque, l’aléatoire, la variabilité. Or, cette quête de sécurité, souvent illusoire, nous fragilise encore plus. Selon lui, il existe trois manières de réagir face au stress et à l’adversité : les personnes fragiles se brisent; les robustes résistent, mais vivent des niveaux de stress élevés; les résilientes s’adaptent tant bien que mal. Taleb propose alors une quatrième voie : celle des « antifragiles », ces individus qui, en acceptant que chaque obstacle devienne une occasion d’adaptation et d’évolution, peuvent s’épanouir, grandir, et même s’amuser en tirant parti du chaos.
Antifragile? Spectacle de piano explore cette idée d’antifragilité : comment, par le biais des épreuves et du désordre, pouvons-nous atterrir collectivement ailleurs pour éviter que l’histoire ne se répète et faire en sorte que le début ne ressemble pas à la fin?
L’équipe d’ESPACE GO met à la disposition des enseignants et de leurs élèves un cahier dramaturgique constitué de textes qui facilitent la compréhension de la pièce, explorent les thèmes abordés et présentent le travail des créateurs.
Cette documentation se trouve également en ligne sur le site Internet d’ESPACE GO.
Le bureau de l’APA nous convie à une performance-entraînement où l’on apprend à jouir du désordre et du chaos. Sur scène, une accumulation d’objets du quotidien compose des tableaux visuels proches du street art, un chantier de création vivant, instable, en transformation constante. Rien n’y est figé : tout peut tomber, se casser, dévier. Et c’est précisément là que réside la force du geste. Car dans ce laboratoire du risque, l’accident n’est plus une erreur à corriger, mais une matière à explorer. C’est en prenant des risques, en cassant des assiettes, en ratant notre coup, en marchant sur des œufs, en brisant les règles que nous pouvons aller ailleurs. L’imprévu, l’inachevé et la vulnérabilité ne sont plus des failles, mais des forces créatrices, des espaces pour repenser le monde autrement. Et si le contraire de la fragilité, c’était le désordre?
Avec Antifragile? Spectacle de piano, le bureau de l’APA poursuit sa réflexion sur la diversité des corps et la non-standardisation de l’humain. Il faut « faire avec » nos corps, nos contraintes, nos maladresses, nos handicaps. Pour exercer notre souplesse face aux ratages, à ce qui ne fonctionne pas d’emblée, on fait en sorte que des choses arrivent.